Le hasard a tout prévu

Le hasard a tout prévu

Présentation

Le hasard a tout prévu

Récits de docu-fiction, éditions Luce Wilquin, 2013,

Kyra Dupont Troubetzkoy rompt avec le ton aigre-doux de son Petit essai assassin sur la vie conjugale. En choisissant le style particulier de la docufiction, elle s’approprie le destin de huit personnages en quête de leurs origines afin d’en révéler la vérité nue, s’étonnant d’y trouver la sienne en filigrane.

Devant lui, la voie. Juché sur le toit du premier wagon, Sorithy laisse son regard errer le long des rizières, les yeux noyés dans le vert anis des pousses tendres. Plus tard, il mangera si l’occasion se présente. Un bol de riz, en tout cas. Pour l’heure, le petit garçon joue les capitaines. C’est un beau matin de décembre, un de ces matins cristallins de la saison sèche. Du haut de ses dix ans, il lui semble que rien ni personne ne décide à sa place. Il est seul maître à bord. C’est son train. Une locomotive Pacific française à vapeur, un modèle inauguré par le roi Sihanouk en 1969. Aujourd’hui, elle ne dépasse plus les vingt kilomètres à l’heure mais cela suffit à l’exalter. Le vent qui lui fouette le visage aplatit ses cheveux pourtant courts, siffle dans ses oreilles et s’engouffre dans ses narines, dans sa bouche et la rend sèche, donne du souffle à son cœur. Le carburant dont il a besoin pour nourrir tout l’aplomb qu’il affiche... Ce train, c’est sa maison, c’est son idée. Pas question de retourner vivre à Phnom Penh, ni de fréquenter les bancs de l’école. Cette belle machine décatie, c’est son évasion et sa course, son chemin de liberté.

Huit personnages, huit destins hors du commun entre réalité et fiction. Venus d’horizons diamétralement opposés, tant socialement que géographiquement, ils ont pour point commun de tordre le cou au fatalisme. Réflexion sur la résilience et le libre-arbitre, ces récits, dont le fil rouge est la filiation, sont autant d’étoiles qui irradient quand la lune a déserté nos nuits.

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