Perles des Emirats

Perle des Emirats

Extraits

Perles des Emirats – Qui sont vraiment ces femmes derrière le voile?

Enquête, Editions du Moment, 2014

Comment comprendre le «Women Empowerment»?
Ainsi, entend-on sans cesse parler de «women empowerment» dans la presse locale et dans de nombreuses études sur les femmes arabes mais comment comprendre cette notion dans le contexte émirien? Il n’est pas aisé de trouver un mot en français qui corresponde précisément à ce que ce concept recouvre. Le terme de promotion est trop connoté. On peut éventuellement parler de délégation à la promotion des femmes mais il est plus généralement accepté d’utiliser la formule d’autonomisation déjà mentionnée. Alors comment interpréter la manifeste volonté d’autonomiser les Emiriennes? Quel est le poids réel de ces femmes ayant réussi à se hisser aux postes importants? Sont-ils réellement stratégiques? Celles qui sont aux postes de décision sont-elles vraiment les avocates des droits des femmes? Le peuvent-elles? De quels soutiens bénéficient-elles au sommet de l’Etat? Quels sont leurs relais?
En se penchant sur les motivations du pouvoir à mettre les femmes en avant, on trouve quelques pistes quant à leur autonomisation réelle. Ce choix de faire appel aux femmes était une question de realpolitik. Il s’agirait avant tout de pragmatisme dans un pays dont la démographie impose une gestion du pouvoir mathématique. Avec huit millions d’étrangers et un million de locaux dont 487'000 femmes1, il est en effet fondamental de s’adapter à la réalité et ce, en dépit de la nature de la société arabe. «La culture arabe est conservatrice par essence, explique un observateur. Donc il s’agit moins de promouvoir les femmes que de faire avancer le pays, de rendre le développement des Emirats arabes unis viable. On a besoin des femmes mais pas forcément pour des questions d’égalité». Le discours de promotion des femmes serait né de cet opportunisme. Pour autant, petit à petit les femmes pénètrent tous les secteurs et en gravissent tous les échelons. Depuis la nomination de Sheikha Lubna Al Qasimi au Cabinet des ministres en charge de l’économie en 2004, elles sont bien présentes au pouvoir, comme on l’a vu, avec neuf députées, quatre ministres et quatre ambassadrices, un taux record parmi les pays arabes. Et selon le Forum économique mondial, si en 2012 les Emirats arabes unis étaient encore 107ème sur 135 dans la participation des femmes à la vie économique et publique au sein du classement mondial, le fossé entre les genres est bien comblé puisqu’il a atteint les 0,639 en 2012 (1 équivalant à l’égalité homme femme).
Alors qu’en disent celles qui sont à des postes clés ? Pour la ministre des affaires sociales Maryam Al Roumi «la question des femmes n’est pas un problème». Trente ans qu’elle travaille pour le ministère et qu’elle participe à l’élaboration des lois en tant que seule femme membre du Cabinet législatif2. «Les femmes font partie du processus de décision. J’en suis la preuve. Je suis dans le comité législatif et c’est l’organisme le plus haut, l’antichambre des décisions politiques. Nous avons des ministres, des députées, des ambassadrices. Avant nous, il y avait des professeures d’université qui donnaient leur avis sur les lois. Il y a aussi eu une décision récente obligeant les conseils d’administration à avoir des femmes en leur sein que ce soit dans l’armée, dans les chambres de commerce, dans tous les domaines qui ne sont traditionnellement pas liés aux femmes,» plaide la ministre. «Je le dis du fond du cœur, je n’ai jamais ressenti que je n’étais pas l’égale des hommes : nous avons des écoles, nous sommes dans les conseils d’administration, nous avons des salaires égaux (ndlr : dans le secteur public). Et il y a de nombreuses lois pour valoriser les femmes : le congé maternité extensible (ndlr : base de 45 jours), des mesures pour protéger et valoriser leur statut dans le secteur privé, les mêmes chances pour un poste. Il n’y a pas de discrimination du tout.» La ministre balaie d’un revers de main toute entrave d’ordre social et culturel passible d’empiéter sur l’avenir professionnel des jeunes épouses ou des mères. Pourtant si les 400 étudiantes de sa volée ont trouvé du travail après l’université, toutes sont ensuite devenues femmes au foyer après s’être mariées et avoir eu des enfants. «C’est dans la nature des femmes, cela n’a rien à voir avec la culture et la société. S’il existe des restrictions, elles sont très limitées. Vous pouvez avoir un mari ouvert d’esprit ou pas, n’importe où. C’est une question d’être humain, pas de culture,» explique-t-elle. C’est un fait qu’après investi les postes de la fonction publique, on trouve désormais des femmes entrepreneurs, certaines occupant même des postes de direction, investissant des secteurs traditionnellement réservés aux hommes. Bref, il est de plus en plus «normal» de voir des femmes dans l’environnement professionnel. Dans un tout autre domaine qui sera développé dans un chapitre consacré aux droits des femmes, le discours de Maître Ebtessam Al Badwawi, l’une des trois juges de sexe féminin de Dubaï et la première à avoir été nommée, fait écho à celui de la ministre. Pour elle, «il n’y a aucune raison pour les femmes de se battre pour leurs droits même si les Emirats arabes unis continuent à actualiser les lois dès qu’il le faut.» Ainsi, lorsqu’est abordée la question de la discrimination des femmes dans certains domaines comme la succession, elle la justifie du fait que l’homme est chef de famille. «La loi donne deux fois plus de droits aux hommes qu’aux femmes dans ce domaine car un homme est le seul responsable des dépenses du foyer. De plus toutes les femmes sont sous sa protection que ce soit sa mère, ses sœurs, sa femme, ses filles… Cela ne veut pas dire que les femmes ont moins de droits mais plus de respect puisque l’homme est attaché à les servir.» Une approche conservatrice du partage des rôles entre les sexes. «Les femmes ont tous les droits : de parler, d’exprimer leurs idées et de jouir de leur liberté.» Mais «sans offenser leur entourage et en accord avec les codes et l’éthique de notre culture.» La juge respecte ainsi à la ligne directrice tracée par Sheikh Zayed : autonomisation, oui, mais à condition de ne pas compromettre leur rôle essentiel qui est de servir leur famille, leur clan, leur pays. Ainsi les Emirats arabes unis auraient réussi le difficile exercice de prouver qu’il était possible de responsabiliser les femmes sans compromettre le cœur de l’héritage et de la culture traditionnels arabes.
Ce discours relayé par des femmes ayant atteint des postes clés au sein des cénacles politico-judiciaire peut être compris comme un garde-fou contre celles qui s’aviseraient d’outrepasser le cadre dans lequel il est attendu qu’elles évoluent. «La notion de genre est ici essentielle. Les femmes aux postes clés se comportent comme un homme ou de la façon même dont les hommes jugent convenable que les femmes se comportent,» commente un chercheur. En gardiennes du temple, les plus conservatrices veilleraient au respect d’un équilibre fondamental. Les plus vives avocates de l’autonomisation déplorent ainsi que celles étant en position de faire avancer leur cause ne remplissent pas leur rôle de relais. Mais c’est justement parce qu’elles sont les garantes des valeurs familiales traditionnelles et des normes sociales en vigueur, qu’elles ont accédé à ces positions stratégiques. Leurs discours officiel est conforme aux attentes de l’idéologie dominante tandis que leur accès à toutes les strates du pouvoir politique, économique et judiciaire la preuve de la volonté de promouvoir les femmes. Le mode de sélection des candidates aux postes de décision se fait dans le terreau de l’élite émirienne, réputation oblige, pour qui il serait mal vu de bousculer les codes en vigueur. «On fabrique un discours de promotion prenant bien soin de choisir celles qui occupent l’espace public et ne pas laisser les plus libérales s’exprimer,» explique l’une d’entre elles. «Certaines se permettent même de dire des choses qui seraient inacceptables dans la bouche d’un homme comme de démentir toute forme de discrimination.» Les femmes seraient donc obligées de faire contre mauvaise fortune bon cœur. «Les filles doivent conserver un équilibre entre leur héritage et des influences plus globales. Elles doivent comprendre les droits que leur donne leur religion et leur culture et les préserver», explique ainsi une universitaire. «Nos valeurs locales pourraient mieux leur convenir que des droits de l’homme importés. L’Islam a donné des droits aux femmes depuis plus de 1000 ans. Des droits qui font de nous des êtres humains et non des animaux régis par nos instincts. Les hommes ont le droit de fréquenter plusieurs femmes : voulons-nous vraiment ce même droit ?» Pour cette intellectuelle, «garantir aux femmes les mêmes droits qu’aux hommes peut même (les) faire régresser en terme d’évolution». Un tel discours fait sursauter celles qui plaident pour l’égalité des droits. «Si ces femmes ne veulent pas de certains droits, qu’elles ne les exercent pas mais qu’elles laissent les autres en disposer,» confie l’une d’elles pour qui ces femmes seraient presque un outil contre leur cause. Les plus féministes seraient ainsi obligées de faire contre mauvaise fortune bon cœur.
Ainsi faut-il comprendre la notion d’empowerment à l’aune de l’ambiguïté entre deux influences que sont la culture arabe d’un côté et un mode de vie occidental de l’autre. En gardant à l’esprit que les habitants des Emirats arabes unis «bien qu’étant dotés d’un Etat moderne, ne sont pour autant  pas entrés ipso facto dans l’ère de la modernité (William Guéraiche, 2014)». La structure de la société reste à la fois patriarcale et patrilinéaire. Hommes et femmes vivent dans des sphères séparées, les femmes elles-mêmes contribuant à renforcer les stéréotypes dont elles sont victimes en les répétant. Pour certains observateurs, on serait même à l’opposé de l’émancipation : dans l’affirmation des rôles sociaux. Le fils ainé reste la figure prédominante, celui qui reprendra les rennes, le futur chef de famille. «Nous sommes de culture musulmane et l’homme est le chef de la famille. Même si une femme fait tout, c’est comme ça. Même si le numéro 2 fait tout derrière le numéro 1, c’est ainsi que ce doit être. C’est une culture,» explique Fatima Al Jaber, en charge de la stratégie du prestigieux groupe familial d’Abou Dhabi. Les femmes sont les garantes par excellence de la stabilité et les hommes en sont les gardiens. Elles ne sont pas une menace pour l’ordre social tant qu’elles intègrent leur rôle d’éducatrices et de dispensatrices de soins. Plus généralement si les femmes contribuent à la formation de la société civile c’est par le biais d’associations non mixtes et de groupes placés sous la tutelle de l’Etat. « Ces associations pour les femmes sont des organisations gouvernementales qui agissent comme guide pour les femmes et protègent leurs droits. Mais malheureusement elles ne sont pas actives dans la rédaction des lois,» reconnaît maître Diana Hamade Al Ghurair, avocate au barreau de Dubaï. « Notre société civile n’est pas assez forte. Nous essayons donc à travers l’Union des femmes et différentes organisations de faire changer les choses en notre faveur. Maintenant il y a plus de femmes au niveau des prises de décision. Mais il s’agit de créer un dialogue. Il faut pouvoir parler aux preneurs de décision car ils sont les seuls à pouvoir opérer les changements,» admet Fatima Al Jaber. Si les femmes s’accordent généralement à dire que pas mal de jalons ont été posés, il faut encore les encourager et développer une culture de la solidarité entre elles. Certaines admettent que c’est aux femmes même de se remettre en question. «C’est à nous de parler de notre rôle dans les médias, de briser les stéréotypes associés aux femmes arabes. C’est ce que nous essayons de faire à travers les conseils, les clubs et nos modèles,» conclut Fatima Al Jaber. Enfin, les changements doivent se faire au sein même du noyau familial. «Il est important d’éduquer les enfants depuis tout petits à respecter les femmes. Nous oublions qu’ils seront nos futurs décideurs,» déclarait Mona Tavassoli, fondatrice de Mom Souq, un bazar en ligne, lors d’un événement organisé par l’ONG suisse Womanity Foundation le 26 février 2014.

Transgressions
Noora « jeta un regard noir sur les risques qu’elle encourait… Si il y avait dérapage c’était toujours la femme qui supportait l’humiliation… Elle était heureuse mais coupable. C’était lui qui avait osé la toucher ainsi, mais quelle honte de sa part d’avoir accepté (Maha Gargash, 2009). »
Il arrive que l’imprévu s’immisce dans les plans des parents, que les choses dérapent. Un sujet totalement tabou dont personne ne se risque à discuter ouvertement. On me signale que certaines de mes questions sont trop directes. Et pourtant, Nayla Al Khaja l’évoque dans son film, Once, qui traite du flirt des adolescentes émiriennes. «Les rendez-vous galants –les dates- sont contraires à notre tradition. Mais quand les jeunes filles atteignent un certain âge, elles sont évidemment attirées par l’autre sexe car nous vivons ensemble. Il n’y a plus de ségrégation comme avant et c’est très tentant d’avoir un partenaire. Vous avez des émotions. Vous voyez vos copines expatriées fréquenter des garçons et vous voulez faire la même chose. Alors vous trouvez d’autres moyens de communiquer avec le sexe opposé : le téléphone. Et cela amène à un rendez-vous. Voilà de quoi parle mon film : d’une fille qui se rend à une date qui tourne mal. C’est un film d’horreur,» explique la réalisatrice qui ne cherche ni à décourager, ni à encourager mais décrit simplement une réalité. Avoir une relation avec un garçon, c’est mentir, se cacher, se couvrir entièrement pour ne pas être reconnue, sauter dans un taxi, se rendre dans un mall, retrouver un type avec lequel vous avez juste parlé au téléphone, inconnu, pas forcément fiable. Bref, c’est dangereux. Et même lorsque ça ne l’est pas, c’est mettre en péril son avenir. Deux étudiantes émiriennes, Hafsa Al Mutawawa et Shamm Abu Nawas ont elles aussi eu l’audace de traiter ce thème du contournement des normes dans leur moyen métrage Shhh. Quatre jeunes filles y sont décrites : Hind et son goût pour les filles –l’homosexualité est strictement interdite ; Zanib qui fait appel à une entremetteuse pour se trouver un mari ; Maitha qui retrouve un homme en secret ; Mahra qui fume, boit et couche en secret. «Les jeunes adultes mettent en œuvre une multiplicité de stratégies qui jouent sur les possibilités, les caractéristiques et les ressources spécifiques des lieux pour contourner les normes (Laure Assaf, 2013).» «L’espace publique est chargé de contraintes autant que de possibilités d’émancipation». La chercheuse distingue deux types d’espace. Ceux à légitimité mixte, légitime, comme les cafés et les centres commerciaux où peuvent s’opérer des rencontres. On s’y échange éventuellement les numéros de téléphone sur papier ou via bluetooth. Internet est devenu, on s’en doute, un outil privilégié de contournement des interdits repoussant les frontières physiques et de confidentialité. On y voit des femmes accompagnées de leurs frères ou sœurs mariées, d’un chaperon dans tous les cas et des couples mariés. En principe, les jeunes femmes demandent la permission pour sortir de la maison afin de respecter l’honneur et la vertu de la famille (Sara Ashencaen Crabtree, 2007). Certaines expliquent qu’elles auraient souhaité être des hommes pour pouvoir «aller partout et être libres». Le second type d’espace sont appelés interstitiels ou liminaires (Andrew Gardner3) comme les parkings, les villas abandonnées ou les plages. La voiture a aussi une «importance considérable dans ces sociabilités amoureuses car elle permet de se déplacer loin de l’environnement immédiat et donc des lieux où il est le plus probable de rencontrer des connaissances (Laure Assaf, 2013).» On se déplace au delà des frontières de sa ville et même à l’étranger. Des rencontres se font lors des vacances passées en famille dans les aéroports, les couloirs des hôtels ou les cafés. Les techniques de drague varient et l’on a régulièrement vent de nouvelles stratégies comme le tout dernier stratagème dit du «pigeon» : l’homme fait vrombir son moteur au feu rouge ; si la femme est intéressée elle le fait vrombir à son tour comme un pigeon roucoule. Ils se retrouvent au feu d’après pour s’échanger leurs numéros. Les relations intimes avec des membres du sexe opposé étant interdites sauf dans le cadre précis des études et du travail où elles sont tolérées, les jeunes filles s’exposent à de graves conséquences sur leur réputation. Elles évitent d’ailleurs les espaces ayant une valeur sociale attribuée comme les hôtels associés à l’alcool et aux chambres, ou les boîtes de nuit associées à la prostitution. A noter que les jeunes hommes n’échappent pas à ces normes. En s’exposant à des relations de flirt ou de rendez-vous amoureux, elles mettent leur abstinence sexuelle en situation de risque. Sharlah Musabeh est venue en aide à des jeunes filles n’ayant pas fait preuve de retenue. «Un jeune Emirien, ingénieur en informatique éduqué en Angleterre, m’a avoué que certains types font tout pour que la fille ne leur résiste pas. Ils leur disent qu’elles sont tout pour eux, qu’ils les épouseront etc. Mais si elles cèdent, ils les laissent tomber. C’est sexiste et cruel mais c’est ainsi. La fille est finie. Ils n’en veulent plus. C’est le plus vieux jeu du monde,» explique-t-elle. Après avoir eu le cœur brisé, s’être faites larguées, leur virginité examinée, elles sont rejetées par leurs parents. Les femmes sont les représentantes de la famille et transmettent l’honneur aux descendants. Si elles ont mauvaise réputation, elles entament celle de leur clan. Ce sont les hommes qui décident quand l’honneur a été sali et quand les femmes doivent être punies. Il existe d’ailleurs des expressions pour celles qui ont fauté : elle a pris «la route pour Liwa», le désert aux portes des Empty Quarters4 (Jane Bristol-Rhys, 2010). On comprend qu’elle a fait quelque chose de répréhensible. Ou elle est partie «au fond du puits». Et si on ne parle pas de crimes d’honneurs, ils n’appartiendraient pas complètement au passé (Jane Bristol-Rhys, 2010). «Parfois, elles terminent même en hôpital psychiatrique. C’est toujours moins déshonorant qu’un procès public. J’ai été témoin de ça. Mais c’est très tabou, secret et caché,» explique Sharlah Musabeh. Les pratiques officiellement identifiées comme déviantes font l’objet de traitements institutionnels, psychiatriques ou judiciaires (Laure Assaf, 2010) mais on préfère les deux premières formules évitant de salir la réputation de la famille. Si les comportements des jeunes filles changent, qu’elles goûtent un semblant de liberté, que les possibilités de dissimuler la perte de sa virginité existent, la culture reste très traditionnelle : les apparences comptent, la réputation prime. La fille ne doit pas fauter vis à vis de sa famille et des garçons de son clan. Une gynécologue souhaitant garder l’anonymat admet que les possibilités d’avoir des relations avant le mariage sont plus présentes de nos jours. «Je vois de tout : des vierges, des femmes qui ont eu des relations sexuelles dont il faut reconstruire l’hymen, et d’autres qui ont évité la pénétration mais ont eu des rapports. Il y a un désir sexuel. Elles veulent faire l’amour et sont exposées. Elles ont des voitures. Il y a des types assis à la table d’à côté qui les draguent et leur balancent leur numéro de téléphone. Et l’un des gros problèmes ici, et c’est très triste, est que les filles n’ont pas le droit de leur donner rendez-vous dans des cafés. Elles pourraient y croiser une connaissance. Alors, elles les retrouvent dans des endroits très privés comme un hôtel ou une voiture. Et elles finissent par avoir des relations sexuelles, alors qu’elles ne sont pas prêtes et que ce n’est pas le bon. Une fois que le mal est fait, les mères me les amènent et me demandent ce qu’il est possible de faire. C’est un énorme tabou. Tout le monde le sait mais la société n’est pas prête à en parler ouvertement.» Un secret de polichinelle mais qu’il est de bon ton d’ignorer.

1. Selon le Bureau des statistiques des Emirats arabes unis, le pays compterait 8'264’070 habitants dont 947’997 Emiriens.
2. Haut Comité Ministériel de Législation (niveau fédéral) constitué de sept ministres dirigés par le Ministre de la Justice.
3. Cité par Laure Assaf
4. Rub Al Khali en arabe: le plus grand désert de sable au monde. Il fait 650 000 km2. Il s’étend d’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, d’Oman au Yémen.

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