A l’Hermine blanche

A L'Hermine blanche

Extraits

A L’Hermine blanche

Roman, éditions Luce Wilquin, sortie le 6 octobre 2017

“Ils étaient si proches d’être heureux. En somme, ils l’étaient. Tous les trois. Tous les trois, je, il, elle, réfugiés dans la zone confortable de l’enfance. Ils avaient laissé en bas la plaine et ses rumeurs. Sophie, et son Titi, et Sam formaient un cercle presque parfait. Percevaient des dangers que la présence bienveillante de la montagne amoindrissait. Là haut, dans le petit nid douillet de l’Hermine blanche, le temps s’écoulait vers un compte à rebours inconnu d’eux. Et chaque jour, à quelques détails près, bruissait la même musique du bonheur.”

“A ses petits camarades médusés, Sacha explique comment, en se hissant sur une chaise, elle a réussi à grimper sur le rebord du balcon. Elle a perdu l’équilibre. Et voilà. Personne n’est responsable. Subjugués les copains. Une héroïne, voilà ce qu’elle est. T’avais cinq ans et t’es tombée du quatrième étage? On peut difficilement mieux faire. Chiche? Au fil des ans, Sacha en rajoute. Elle croit à sa propre histoire. C’est son secret bien gardé. Les adultes, quant eux, n’ont plus envie d’en parler. Seuls les préaux résonnent de son exploit. Elle raconte qu’elle a atterri sur l’asphalte. Non? Et t’es pas morte? ça devient jouissif. Pas du tout, je me suis même relevée. Et comme le fils du concierge m’a vu tomber, il est venu à ma rencontre et m’a aidé à aller chez son père. Bonjour Monsieur, je suis tombée du quatrième étage. Sacha provoque l’hilarité, suscite l’admiration. Elle est imbattable à ce jeu là. On lui demande si l’immeuble était particulièrement haut, ce qu’elle s’est cassé, comment on survit à pareille chute? Elle devient ainsi celle qu’elle restera, une miraculée. Ces petits arrangements avec la réalité forgent sa mémoire d’enfant fracturée au détour de fausses-vraies vérités qui lui permettent de survivre. Et réécrit l’histoire d’une enfant qui saute dans les nuages pour y rejoindre sa maman, morte de chagrin.”

“De patronyme en patronyme, Sacha retrouve le nom de ses ascendants, remonte le cours de l’histoire et prend conscience du prestige associé aux Kniazky. Elle découvre ce qui fascine dans ce nom de famille et dont elle n’a, jusque-là, jamais réalisé l’ampleur : leur rôle prépondérant dans les affaires publiques de la Russie, vaillants guerriers, diplomates et hommes d’Etat, en faveur sous Pierre le Grand, Elisabeth ou Catherine la Grande. Et de réaliser que cette chronique trépidante est le fil rouge de ce voyage inédit qui la mènera sur les traces de son grand-père. Elle ébauche un itinéraire de Saint-Pétersbourg à Tsarskoïe Selo, puis de Moscou à leur village d’origine sur les traces de leurs palais, de leurs propriétés, de leurs églises et couvents. Elle compte sur Esmée pour l’aider à retrouver leurs portraits accrochés aux murs des musées, des statues, des places à leur nom... Sacha touche au concret, ces gens ont un lien direct avec son sang.”

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